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Around the World, Maroc

Voyager au Maroc en été : le sud du pays

L’été n’est, de manière généralement, pas la saison idéale pour visiter le Maroc. Les mois de juillet et d’août peuvent en effet donner lieu à des vagues de chaleur difficilement supportables dans les régions de l’intérieur du pays. A Marrakech, le thermomètre peut en plein mois d’août allègrement flirter avec les 48°C. Si toutefois vous avez l’occasion de visiter le Maroc en été, sachez que certaines régions du pays connaissent des températures plus clémentes et sont attrayantes même au plus fort de l’été. D’autre part, si vous avez déjà eu la chance d’effectuer un circuit « classique » au Maroc (en découvrant Marrakech, Agadir ou Fès par exemple), l’été peut être l’occasion de redécouvrir le pays autrement.

Legzira [ Plage de Legzira – Région de Sidi Ifni par Zakaria Wakrim, sur Flickr ]

Naturellement, le premier réflexe lorsque le thermomètre grimpe est de rechercher la fraîcheur des embruns ! L’offre balnéaire au Maroc est pléthorique et s’est nettement améliorée ces dernières années à la faveur de plans de développement touristique. Elle est toutefois inégale et mieux vaut se renseigner au préalable sur ce que valent les différentes stations avant de faire un choix. Agadir est la station balnéaire la plus connue du pays. Pour les amateurs de clubs et de formules all-inclusive, c’est à Agadir qu’il faut passer son été ! Les structures adaptées sont très nombreuses :

Durant la période estivale, les touristes locaux viennent s’ajouter aux estivants européens et la fréquentation est importante. De plus, le vent d’est, le poussiéreux et brûlant chergui, fait souvent grimper la température au-dessus de la barre des 40°C. La combinaison des deux aspects peut, de temps à autre, rendre Agadir en elle-même pénible ! Et malheureusement, l’arrière-pays, le Souss, connaît en plein été des températures dantesques. Mais Agadir reste une ville agréable et animée.

[ Agadir par Abdulrahman Al-Zahrani, sur Flickr ]

Au nord d’Agadir, il existe heureusement de nombreuses plages et criques un peu moins fréquentées. A quelques kilomètres au nord, Taghazout, est une station en cours de réaménagement abritant d’intéressants spots de surf et des plages agréables. Plus au nord encore, sur la route côtière d’Essaouira, il existe de nombreuses plages idylliques où les baigneurs côtoient en toute tranquillité les pêcheurs, les plus réputées étant celles de Tamri et d’Imesouane. Il est possible d’effectuer des escapades d’une journée vers ces plages depuis Agadir, et de combiner, le cas échéant, avec un crochet vers la Vallée du paradis et Imouzzer Ida-ou-Tanan, jadis paradis des hippies.

Au sud d’Agadir s’étend l’immense parc Souss-Massa où les amateurs d’ornithologie tenteront d’apercevoir les ibis chauves, espèce quasi-endémique de la région et se rafraîchiront en taquinant les rouleaux de l’Atlantique à Tifnit, petite plage et port de pêche du parc naturel. Attention, dès que l’on s’enfonce de quelques kilomètres vers l’intérieur des terres, la température grimpe à vue d’œil et cela se sent ! Tant que la grande bleue n’est pas visible, profitez du paysage en vous calfeutrant à l’intérieur de votre véhicule climatisée. A l’extrémité sud, l’embouchure de l’oued Massa est une zone classée, où certains discrets villages recèlent de trésors datant des premiers siècles post-islamisation (IXe et Xe siècles).

[ Oued Massa – Parc du Souss-Massa par Guido Camici, sur Flickr ]

Les plus belles plages sont situées au-delà du parc, en pays Aït Ba’amran. Dans un périmètre délimité par Tiznit, Tan Tan et les immensités de l’océan, les plages recèlent d’une authenticité rare. Au nord, Aglou Plage est une jolie plage où viennent se rafraîchir dans une ambiance bon-enfant les habitants de la belle Tiznit, toute proche. Mirleft abrite une superbe plage cernée de deux imposantes falaises. L’offre d’hébergement y est d’année en année plus intéressante et les spots de surf y sont réputés. Entre Mirleft et Sidi Ifni, la plage la plus réputée est celle de Legzira, qui comme son nom l’indique, fait face à une île accessible à pied à marée basse. Mais la plage est surtout connue pour ses fantastiques (et très photogéniques) arches naturelles de roche rouge, qui permettent des marches les pieds dans l’eau inoubliables. L’hébergement est possible sur la plage même, où ont été bâties de charmantes auberges, l’adresse classique et rustique mais incontournable étant l’Auberge Beach Club Legzira. C’est l’endroit idéal pour déconnecter et retrouver le goût des bonheurs simples, seul, à deux ou en famille ! Plus au sud, Sidi Ifni est une jolie ville côtière au charme espagnol décrépi. La plage y est jolie mais pas inoubliable mais l’intérêt de Sidi Ifni réside dans l’atmosphère de la ville elle-même. A Sidi Ifni, le Logis La Marine jouit d’une excellente réputation. Encore au-delà de l’ancienne enclave espagnole, on pénètre enfin le Sahara et ses immensités désertiques.

Une route, la RP1901 relie désormais Sidi Ifni et la plage Blanche, un interminable ruban de sable blanc où viennent se jeter les Oued Noun et Draa où l’on circule, de préférence en 4×4, à même le sable. Tout ici n’est que solitude et quiétude ! Pour les amateurs de pêche, sachez que toutes ces eaux sont parmi les plus poissonneuses au monde, alors vous pourrez, si tant est que vous soyez équipés, vous en donner à cœur joie. Parallèlement sachez que la région permet des excursions intéressantes dans l’intérieur des terres. Tiznit abrite par exemple une des médinas les plus récentes du pays, datant de 1882, où vous découvrirez au détour de flâneries des bijouteries perpétuant le savoir-faire des artisans chleuhs des montagnes de l’Anti-Atlas tout proche. Guelmim abrite aussi un souk recelant de jolies babioles.

Toute petite humanité [ Plage blanche – Région de Guelmim par Délirante bestiole, sur Flickr ]

Au sud de Tan Tan Plage, c’est le désert. Les plages sont infinies, les villes de taille humaine et la population, de culture sahraouie, parle un dialecte arabe appelé le hassaniya. A l’extrême sud du pays, Dakhla est accessible par avion et dispose de jolis hôtels. L’ancienne Villa Cisneros est bâtie sur une longue langue de terre enserrant une lagune venteuse en passe de devenir un spot internationalement réputé pour le kitesurf.

Pour ceux qui ne peuvent résister aux sirènes de Marrakech (oh que je les comprends !), il existe toujours des moyens de fuir la chaleur. Faites comme les Marrakchis et gagnez dès que possible les vallées du Haut-Atlas. Deux principes à retenir : l’altitude et l’encaissement de la vallée conditionnent sa fraîcheur. A 25 km seulement de la ville rouge, la célèbre vallée de l’Ourika est profondément encaissée et demeure agréablement fraîche même lorsque le mercure excède les 45°C à Marrakech. Mais attention, ne vous y rendez pas le weekend, au risque de vous retrouver avec la nappe de pique-nique jouant à touche-touche avec celle des voisins ! Un peu plus loin, la vallée d’Imlil propose elle aussi des températures agréables et s’avère être un excellent point de départ pour des randonnées et des trekkings dans les vallées. C’est la meilleure période pour s’attaquer au point culminant de l’Afrique du nord, le mont Toubkal, qui culmine à 4167m, dont le point de départ est justement Imlil. De manière générale, c’est un bon moment pour randonner en vallée, l’essentiel étant d’être à une altitude suffisante (plus de 1000/1200 m) pour éviter les chaleurs. Attention, la fin d’août et le début du mois de septembre donnent fréquemment lieu à des orages de fin de journée, qui peuvent s’avérer violents.

Berber village [ Village des environs d’Imlil par Dj_pingu, sur Flickr ]

Mais nul doute que ceux qui séjournent à Marrakech cèderont aux aussi, à un moment ou à un autre, aux sirènes de l’Océan. Essaouira est la cité côtière la plus proche. La route entre Marrakech et Essaouira est désormais excellente et les cars CTM et Supratours (de manière générale, seules ces deux compagnies sont recommandables) permettent de gagner Essaouira en moins de deux heures (pour environ 160 Dhs aller-retour soit une quinzaine d’euros). Sur les cartes accompagnant les bulletins météos marocains, c’est presque toujours là que se trouvent les minimales ! Essaouira est surnommée la « Ville des alizés ». Elle est l’été caressée par ces vents frais venus de l’Atlantique. Parfois, ces vents peuvent s’avérer agaçants et désagréables lorsqu’ils sont puissants. Essaouira est une très belle cité, dotée d’une médina au charme unique avec ses maisons blanches aux fenêtres et aux portes peintes en bleu. Les riads accueillant des étrangers sont de plus en plus nombreux et à des prix souvent plus intéressants qu’à Marrakech :

  • Riad Dar Saltana , récemment rénové, de belles chambres, un bon service et une magnifique terrasse donnant sur l’Océan (testé et approuvé).
  • Riad Dar Mouna , petit riad parfaitement bien tenu par Jane, une australienne installée depuis nombreuses années au Maroc, et proposant de jolies chambres simples (testé et approuvé).
  • Dar Sabon, riad de charme, au prix très abordable, joliment décoré et ayant une excellente réputation.

Il existe désormais dans les environs immédiats d’Essaouira des solutions d’hébergement en une immersion dans la vie rurale marocaine. Les déjeuners dans la marsa, le port, permet de gouter à des grillades de poissons et de crustacés à la fraîcheur imbattable. La plage d’Essaouira, qui fait face aux îles de Mogador, n’est pas nécessairement la plus agréable (elle peut être prise d’assaut et le vent peut soulever le sable). Préférez les petites plages au sud, celles de Diabat et surtout celle de Sidi Kaouki (spot de surf apprécié). Au nord d’Essaouira, la plage de Moulay Bouzerktoun, idéale pour le surf, permet aussi de passer un instant bohème loin des tracas du monde moderne.

Essaouira [ Port d’Essaouira par José Eduardo Silva, sur Flickr ]

Pour mieux localiser les lieux et les différents itinéraires présentés dans cet article, j’ai créé une carte sur Google maps, sur laquelle vous pouvez zoomer, vous déplacer et cliquer sur les différents icônes (pour la consulter sur une page à part, cliquez sur l’icône cadre carré en haut à droite de la carte) :

En conclusion, contrairement à une idée reçue, il est possible de voyager au Maroc en été sans être accablé par une chaleur insoutenable. Il suffit simplement de suivre les bons itinéraires et d’éviter certaines régions, plus propices à des vacances aux autres saisons. Dans un prochain article, je vous présenterai les possibilités de vacances en été dans le centre et le nord et pays, où il existe également de belles régions à découvrir en période estivale.

N’hésitez pas à visiter ma boutique en ligne :
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Et vous, avez-vous déjà découvert le Maroc en été ? L’un des spots présentés dans l’article vous tente-t-il ?

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7 Commentaires

  • Reply HelloCocoon

    Les paysages sont vraiment à couper le souffle ! Je savais que le Maroc était très diversifié géographiquement mais là je suis carrément bouche bée. Ca donne envie de partir…
    Merci à toi pour ce joli tour d’horizons !
    Bise xx

    4 août 2015 at 16 h 44 min
    • Reply Mounia

      Merci pour ton commentaire 🙂 C’est vrai, les paysages marocains sont magnifiques et bien plus diversifiés que l’image qu’on en a. Il ne faut d’ailleurs pas forcément se diriger vers les spots habituellement fréquentés par les touristes pour découvrir des coins plus préservés.
      Finalement, c’est au fond le but de cette série d’articles, faire découvrir le Maroc autrement. Je présenterai prochainement les paysages nord-marocains, qui vont certainement te plaire tout autant !

      4 août 2015 at 17 h 53 min
  • Reply BeauteBordelaise

    C’est trop jolie sérieusement !!! ça donne envie de visiter ! merci pour ton article je vais lire les autres aussi <3
    Bises

    2 mars 2016 at 10 h 42 min
    • Reply Mounia

      Le Maroc est un grand pays avec énormément de choses à découvrir. On s’arrête souvent sur des grandes villes comme Marrakech et on résume le Maroc à ce genre de villes mais au fond, les paysages sont hyper diversifiés, il y a plein de trésors cachés 🙂 J’espère que tu pourras visiter le Maroc cette année !

      9 mars 2016 at 10 h 50 min
  • Reply Bérangère Dufeutrelle

    Coucou,
    Penses tu qu’il est possible sans avoir froid,de se rendre à Imlil en cette saison ?? merci

    5 janvier 2017 at 14 h 35 min
    • Reply Mounia

      Bonjour Bérangère. Merci de ton message. Tu peux sans problème d’envisager d’aller à Imlil mais il y fait froid en cette saison, il peut même y avoir de la neige à Imlil même ou sur les hauteurs. Les paysages sont à couper le souffle mais il y fait froid (5 à 10°). Si tu envisages de découvrir la montagne et le pays berbère sous des températures plus douces, je te conseillerai plutôt de découvrir Asni ou Ouirgane dans cette direction ou La Vallée de l’Ourika dans la région de Marrakech.

      5 janvier 2017 at 18 h 22 min
  • Reply dufeutrelle bérangère

    coucou,
    merci de ta réponse, je pense que ça ne va pas être possible, peut être en effet Asiniou Ouirgane (je note, merci) (hâte d’y être)

    5 janvier 2017 at 19 h 33 min
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